Arnaque crypto : comment récupérer son argent en Suisse
Vous avez investi sur une fausse plateforme ou envoyé des cryptomonnaies à un escroc ? Voici la marche à suivre, étape par étape, pour maximiser vos chances de récupération — et les pièges à éviter.

La récupération de fonds après une arnaque aux cryptomonnaies n'est jamais garantie, mais elle est parfois possible. Tout se joue sur trois facteurs : la vitesse de réaction, la qualité des preuves et la traçabilité des fonds. Ce guide détaille les actions à mener dès maintenant, dans l'ordre.
1. Agir vite : les premières 24 à 72 heures
Dès qu'une fraude est suspectée, le temps joue contre vous. Une fois converties ou dispersées sur plusieurs portefeuilles, les cryptomonnaies deviennent beaucoup plus difficiles à geler. Dans cette fenêtre :
- Arrêtez immédiatement tout versement. Aucun « déblocage », « impôt » ou « frais de retrait » ne se paie pour récupérer un avoir : c'est une technique classique pour soutirer davantage.
- Ne coupez pas le contact brutalement sans avoir tout sauvegardé : conservez d'abord les échanges, profils et coordonnées.
- Contactez votre banque si le départ des fonds est passé par un virement bancaire (carte ou SEPA) : un blocage ou un rappel de fonds reste parfois possible très tôt.
2. Réunir les preuves indispensables
Un dossier solide est ce qui distingue une plainte classée d'une enquête exploitable. Rassemblez, datées et lisibles :
- Les adresses de portefeuille (wallet) de destination et les identifiants de transaction (hash / TXID).
- Les relevés bancaires et confirmations de virement vers la plateforme ou l'exchange.
- Les captures d'écran du site, de l'app, du « compte » affichant de faux gains, et de l'intégralité des conversations (WhatsApp, Telegram, e-mails, SMS).
- Les URL exactes, numéros de téléphone, noms et photos utilisés par l'escroc.
3. Signaler et porter plainte en Suisse
En Suisse, l'escroquerie est réprimée par l'art. 146 du Code pénal. Plusieurs canaux sont complémentaires :
- Police cantonale : déposez plainte pénale auprès de votre canton (Genève, Vaud, Zurich…). C'est la démarche centrale.
- Suisse ePolice : la plateforme nationale permet de déclarer une escroquerie en ligne sans vous déplacer.
- OFCS (Office fédéral de la cybersécurité) : signalez les cas de fraude et de phishing pour alimenter la veille nationale.
- FINMA : vérifiez si la plateforme figure sur la liste d'alerte des prestataires non autorisés, et signalez-la le cas échéant.
Vous n'êtes pas obligé d'avoir porté plainte avant d'entamer une enquête privée : les deux démarches peuvent avancer en parallèle.
4. Alerter la banque et la plateforme
Si vos fonds ont transité par un exchange régulé (KYC complet), une demande de gel coordonnée avec la police a plus de chances d'aboutir. Pour les virements bancaires, demandez par écrit à votre établissement l'activation d'une procédure de rappel de fonds et la conservation des informations sur le compte bénéficiaire. Notez chaque référence et chaque interlocuteur.
5. Tracer les fonds : ce que l'enquête peut retrouver
Contrairement à une idée reçue, la plupart des blockchains sont publiques et traçables. À partir des TXID, une analyse de flux (chain analysis) permet souvent de :
- suivre le cheminement des fonds à travers les portefeuilles intermédiaires ;
- identifier le point d'entrée dans un service régulé (exchange, processeur) où une procédure judiciaire peut être engagée ;
- recouper, par des techniques d'OSINT, les pseudonymes, infrastructures et identités numériques liés à l'escroquerie.
Ce travail produit un rapport d'enquête exploitable par votre avocat et les autorités pour appuyer une demande de saisie ou de remboursement.
6. Vos chances réelles de récupération
Soyons honnêtes : il n'existe pas de taux de réussite universel. Les chances dépendent de l'ancienneté des faits, de la nature de l'escroquerie, de la destination des fonds et de la réactivité des acteurs impliqués. Un dossier récent, bien documenté, dont les fonds aboutissent sur une plateforme régulée, offre des perspectives bien meilleures qu'un cas ancien aux preuves lacunaires. Une évaluation sérieuse de vos chances ne peut être donnée qu'après l'analyse de votre dossier.
7. Le piège à éviter : l'arnaque à la récupération
Faire analyser votre dossier
Nos enquêteurs OSINT identifient l'auteur des faits, retracent les flux financiers et constituent un dossier complet pour vos démarches. Étude de faisabilité avant tout engagement.
Ouvrir mon dossier d'enquêteQuestions fréquentes
Peut-on récupérer de l'argent après une arnaque crypto ?
Oui, c'est parfois possible, mais ce n'est jamais garanti. Les chances dépendent de la rapidité de réaction, de la destination des fonds (plateforme régulée ou non), de la qualité des preuves et de la coopération des banques, exchanges et autorités. Plus vous agissez vite, plus le traçage et le blocage des fonds sont réalistes.
Combien de temps ai-je pour réagir après une arnaque crypto ?
Agissez immédiatement. Les premières 24 à 72 heures sont décisives : c'est la fenêtre durant laquelle une plateforme ou une banque peut encore geler des fonds avant qu'ils ne soient blanchis ou convertis. Le traçage reste possible plus tard, mais la récupération devient plus difficile.
Faut-il se méfier des sociétés qui promettent de récupérer mes fonds ?
Oui. Méfiez-vous de toute société qui garantit la récupération de vos fonds ou qui exige des frais payables à l'avance, surtout en cryptomonnaie : c'est une arnaque très répandue qui cible les victimes déjà escroquées. Un prestataire sérieux évalue d'abord votre dossier et reste honnête sur vos chances réelles.
Où signaler une arnaque crypto en Suisse ?
Vous pouvez déposer plainte auprès de votre police cantonale, signaler les faits en ligne via Suisse ePolice, transmettre le cas au OFCS (Office fédéral de la cybersécurité) et vérifier si l'acteur figure sur la liste d'alerte de la FINMA. L'escroquerie est réprimée par l'art. 146 du Code pénal suisse.
Sources officielles
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique individualisé. Pour toute décision, consultez un professionnel qualifié au regard de votre situation.