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Arnaque crypto : comment récupérer son argent en Suisse

Vous avez investi sur une fausse plateforme ou envoyé des cryptomonnaies à un escroc ? Voici la marche à suivre, étape par étape, pour maximiser vos chances de récupération — et les pièges à éviter.

Par l'équipe d'enquête ScamHunter.ch · Mis à jour le 19 juillet 2026 · Temps de lecture : 7 min

Visualisation d'un traçage de transactions blockchain entre un portefeuille et une plateforme régulée
Illustration éditoriale : le traçage documente les flux publics, sans garantir le gel ni la récupération des fonds.

La récupération de fonds après une arnaque aux cryptomonnaies n'est jamais garantie, mais elle est parfois possible. Tout se joue sur trois facteurs : la vitesse de réaction, la qualité des preuves et la traçabilité des fonds. Ce guide détaille les actions à mener dès maintenant, dans l'ordre.

L'essentiel en bref — 1) Cessez tout paiement. 2) Documentez chaque preuve. 3) Signalez à votre banque et à la plateforme dans les 24-72 h. 4) Déposez plainte (art. 146 CP) via votre police cantonale ou Suisse ePolice. 5) Faites tracer les flux par des enquêteurs spécialisés. 6) Méfiez-vous des « récupérateurs de fonds » qui réclament un paiement d'avance.

1. Agir vite : les premières 24 à 72 heures

Dès qu'une fraude est suspectée, le temps joue contre vous. Une fois converties ou dispersées sur plusieurs portefeuilles, les cryptomonnaies deviennent beaucoup plus difficiles à geler. Dans cette fenêtre :

2. Réunir les preuves indispensables

Un dossier solide est ce qui distingue une plainte classée d'une enquête exploitable. Rassemblez, datées et lisibles :

Astuce d'enquêteur — Les adresses de portefeuille et les TXID sont la clé du traçage sur blockchain. Conservez-les avec soin : ils permettent de suivre le cheminement des fonds vers des plateformes où une saisie est parfois envisageable.

3. Signaler et porter plainte en Suisse

En Suisse, l'escroquerie est réprimée par l'art. 146 du Code pénal. Plusieurs canaux sont complémentaires :

Vous n'êtes pas obligé d'avoir porté plainte avant d'entamer une enquête privée : les deux démarches peuvent avancer en parallèle.

4. Alerter la banque et la plateforme

Si vos fonds ont transité par un exchange régulé (KYC complet), une demande de gel coordonnée avec la police a plus de chances d'aboutir. Pour les virements bancaires, demandez par écrit à votre établissement l'activation d'une procédure de rappel de fonds et la conservation des informations sur le compte bénéficiaire. Notez chaque référence et chaque interlocuteur.

5. Tracer les fonds : ce que l'enquête peut retrouver

Contrairement à une idée reçue, la plupart des blockchains sont publiques et traçables. À partir des TXID, une analyse de flux (chain analysis) permet souvent de :

Ce travail produit un rapport d'enquête exploitable par votre avocat et les autorités pour appuyer une demande de saisie ou de remboursement.

6. Vos chances réelles de récupération

Soyons honnêtes : il n'existe pas de taux de réussite universel. Les chances dépendent de l'ancienneté des faits, de la nature de l'escroquerie, de la destination des fonds et de la réactivité des acteurs impliqués. Un dossier récent, bien documenté, dont les fonds aboutissent sur une plateforme régulée, offre des perspectives bien meilleures qu'un cas ancien aux preuves lacunaires. Une évaluation sérieuse de vos chances ne peut être donnée qu'après l'analyse de votre dossier.

7. Le piège à éviter : l'arnaque à la récupération

Attention — Une seconde vague d'escrocs cible spécifiquement les victimes déjà arnaquées. Ils se présentent comme des « experts en récupération de fonds », garantissent un remboursement et exigent des frais payables à l'avance (souvent en crypto). Aucun prestataire sérieux ne garantit un résultat ni ne réclame le règlement intégral d'avance avant toute analyse. En cas de doute, vérifiez l'identité, l'adresse et la traçabilité de l'entreprise.

Faire analyser votre dossier

Nos enquêteurs OSINT identifient l'auteur des faits, retracent les flux financiers et constituent un dossier complet pour vos démarches. Étude de faisabilité avant tout engagement.

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Équipe spécialisée en OSINT et investigation numérique à Genève. Responsabilité éditoriale : Danilson Ramos. Aucun résultat d’enquête ou de récupération n’est garanti.

Questions fréquentes

Peut-on récupérer de l'argent après une arnaque crypto ?

Oui, c'est parfois possible, mais ce n'est jamais garanti. Les chances dépendent de la rapidité de réaction, de la destination des fonds (plateforme régulée ou non), de la qualité des preuves et de la coopération des banques, exchanges et autorités. Plus vous agissez vite, plus le traçage et le blocage des fonds sont réalistes.

Combien de temps ai-je pour réagir après une arnaque crypto ?

Agissez immédiatement. Les premières 24 à 72 heures sont décisives : c'est la fenêtre durant laquelle une plateforme ou une banque peut encore geler des fonds avant qu'ils ne soient blanchis ou convertis. Le traçage reste possible plus tard, mais la récupération devient plus difficile.

Faut-il se méfier des sociétés qui promettent de récupérer mes fonds ?

Oui. Méfiez-vous de toute société qui garantit la récupération de vos fonds ou qui exige des frais payables à l'avance, surtout en cryptomonnaie : c'est une arnaque très répandue qui cible les victimes déjà escroquées. Un prestataire sérieux évalue d'abord votre dossier et reste honnête sur vos chances réelles.

Où signaler une arnaque crypto en Suisse ?

Vous pouvez déposer plainte auprès de votre police cantonale, signaler les faits en ligne via Suisse ePolice, transmettre le cas au OFCS (Office fédéral de la cybersécurité) et vérifier si l'acteur figure sur la liste d'alerte de la FINMA. L'escroquerie est réprimée par l'art. 146 du Code pénal suisse.

Sources officielles

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique individualisé. Pour toute décision, consultez un professionnel qualifié au regard de votre situation.