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Arnaques en ligne : les questions que l'on nous pose le plus

Vingt-quatre questions réelles, posées par des personnes qui viennent d'être victimes d'une escroquerie en ligne en Suisse, avec des réponses courtes, vérifiables et sans promesse de résultat.

Par l'équipe d'enquête ScamHunter.ch · Mis à jour le 26 août 2026 · Responsabilité éditoriale : Danilson Ramos

Si vous venez d'être victime — Trois gestes priment sur tous les autres : arrêter les paiements, contacter votre banque pour demander le blocage et le rappel, et conserver l'intégralité des échanges avant toute suppression. La marche à suivre détaillée figure dans notre évaluation d'urgence.

Les premiers gestes

Que faire dans les premières 24 heures après une arnaque en ligne ?

Arrêtez immédiatement tout nouveau paiement, contactez votre banque pour demander le blocage des moyens de paiement et le rappel des virements, puis conservez l'intégralité des échanges sans rien supprimer. Ces trois actions déterminent ce qui pourra encore être bloqué et ce qui pourra être prouvé ensuite. Le dépôt de plainte peut suivre dans les jours qui viennent, mais la demande de rappel se joue en heures.

Dois-je porter plainte avant de faire appel à un enquêteur privé ?

Ce n'est pas obligatoire, et les deux démarches peuvent avancer en parallèle. Le dépôt de plainte enregistre officiellement les faits et ouvre la voie aux réquisitions que seules les autorités peuvent adresser aux banques et aux plateformes. Une enquête privée documente en amont ce qui est visible publiquement, ce qui rend la plainte plus précise et plus facile à instruire.

Mon dossier est-il trop petit pour être traité ?

Aucun montant n'est trop faible pour être signalé aux autorités : les petites sommes appartiennent presque toujours à des campagnes qui touchent des centaines de personnes, et votre signalement peut compléter un dossier existant. En revanche, une enquête privée a un coût, et nous le disons franchement lorsque le rapport coûterait plus cher que la somme en jeu. C'est précisément ce que l'étude de faisabilité sert à établir avant tout engagement.

Combien de temps après les faits est-il encore utile d'agir ?

Les chances de blocage bancaire diminuent en quelques heures, mais l'utilité d'une documentation ne disparaît pas. Des mois plus tard, une enquête peut encore relier votre cas à un réseau connu, retrouver des infrastructures réutilisées et suivre des flux sur des registres publics qui, eux, ne s'effacent pas. Agir tard vaut mieux que ne pas agir, même si l'éventail des actions possibles se réduit.

Ce qu'une enquête peut faire

Une enquête privée peut-elle identifier l'auteur d'une arnaque ?

Parfois, et jamais avec certitude annoncée à l'avance. Le travail consiste à recouper des traces publiques — profils, photographies réutilisées, noms de domaine, infrastructures, flux financiers visibles — jusqu'à faire émerger un faisceau d'éléments concordants. Selon les dossiers, cela mène à une personne, à une structure, ou seulement à une organisation sans nom identifiable. Aucun prestataire sérieux ne garantit une identification.

Que contient concrètement un rapport d'enquête ?

Un rapport présente une chronologie datée des faits, les éléments techniques relevés avec leur source, l'analyse des flux financiers visibles, et une séparation explicite entre ce qui est établi, ce qui reste une hypothèse et ce qui n'a pas pu être vérifié. Il se termine par les limites de l'analyse et les actions envisageables. C'est un document destiné à être lu par votre avocat, votre banque et les autorités.

Pouvez-vous récupérer mon argent directement ?

Non. Aucun acteur privé ne peut saisir des fonds, contraindre une banque étrangère ou vider un portefeuille crypto : ces pouvoirs appartiennent aux autorités judiciaires. Notre travail consiste à documenter la piste pour que les démarches de récupération engagées par votre avocat, votre banque ou la procédure pénale reposent sur des éléments solides. Toute promesse de restitution garantie doit être considérée comme un signal d'alarme.

Travaillez-vous avec la police ?

Nous sommes indépendants de la police, de la FINMA et de toute autorité. Le rapport que nous produisons est remis au client, qui décide librement de le transmettre à son avocat ou de le joindre à sa plainte. Nous ne nous substituons ni à une procédure pénale ni à un cabinet d'avocats, et nous ne prétendons à aucun statut officiel.

Oui, tant qu'elle se limite à des informations accessibles publiquement : moteurs de recherche, réseaux sociaux, registres publics, données de noms de domaine, blockchains publiques. La limite est l'accès non autorisé à un système ou à un compte, interdit par les art. 143, 143bis et 144bis du Code pénal suisse. Une enquête sérieuse observe ce qui est public et ne franchit pas cette ligne.

Pouvez-vous accéder à un compte ou à un téléphone ?

Non, et personne ne devrait le proposer. L'accès non autorisé à une messagerie, à un téléphone ou à un système informatique est une infraction pénale en Suisse. Au-delà du risque encouru, une preuve obtenue illégalement est inexploitable dans une procédure : elle affaiblit le dossier au lieu de le renforcer.

Le rapport est-il recevable devant un tribunal ?

Un rapport privé n'a pas la valeur d'un acte d'enquête officiel, et l'appréciation des preuves relève du juge. Sa valeur pratique tient à sa méthode : sources citées, horodatage, distinction nette entre faits et hypothèses, éléments vérifiables par un tiers. Il sert à orienter et à appuyer une plainte ou une démarche civile, pas à s'y substituer.

Quelles infractions couvrent l'escroquerie en ligne en Suisse ?

L'escroquerie est visée par l'art. 146 du Code pénal suisse, l'utilisation frauduleuse d'un ordinateur par l'art. 147, l'extorsion et le chantage par l'art. 156 et la contrainte par l'art. 181. Selon les faits, l'accès indu à un système informatique, l'usurpation d'identité ou le blanchiment peuvent également être retenus. La qualification exacte appartient aux autorités de poursuite.

Preuves et données

Quelles preuves dois-je conserver et comment ?

Conservez les conversations entières plutôt que des extraits, les URL complètes plutôt que des captures partielles, les justificatifs de virement avec leur référence, les identifiants de transaction crypto et les adresses de portefeuille. Ajoutez une date à chaque élément et sauvegardez le tout hors de l'appareil concerné. Un dossier daté et complet vaut plus que le souvenir d'un échange.

Ai-je le droit de conserver des captures de conversations privées ?

Conserver les échanges auxquels vous avez vous-même participé, pour faire valoir vos droits, est la situation habituelle d'une victime qui constitue son dossier. La prudence s'impose en revanche sur la diffusion publique de ces contenus, qui peut engager votre responsabilité. En cas de doute sur ce que vous pouvez publier ou transmettre, demandez conseil à un avocat avant de le faire.

Que devient ma documentation après l'enquête ?

Les éléments transmis servent uniquement au traitement de votre dossier et ne sont pas communiqués à des tiers sans votre accord, hors obligation légale. Les modalités de traitement et de conservation figurent dans notre politique de confidentialité. Vous restez propriétaire de vos pièces et du rapport qui vous est remis.

Puis-je encore agir si j'ai supprimé les échanges ?

Oui, même si le dossier part avec un handicap. Beaucoup d'éléments existent ailleurs que sur votre appareil : relevés bancaires, historiques de plateformes, en-têtes d'e-mails encore présents chez votre fournisseur, transactions inscrites sur une blockchain publique. Demandez rapidement à la plateforme et à votre banque la conservation des données, avant l'expiration de leurs délais internes.

Argent et flux financiers

Un virement bancaire peut-il être rappelé ?

Une demande de rappel est possible tant que les fonds n'ont pas été retirés du compte destinataire, et elle doit être formulée par votre banque auprès de la banque bénéficiaire. Le succès dépend de la rapidité, du pays de destination et de la coopération de l'établissement receveur ; il n'est jamais garanti. Formulez la demande par écrit et notez l'heure exacte.

Peut-on suivre des cryptomonnaies après une arnaque ?

Sur les blockchains publiques, les transactions sont visibles de façon permanente et le cheminement des fonds peut être reconstitué d'adresse en adresse. Ce traçage montre où les fonds ont circulé, et parfois qu'ils ont atteint un service régulé susceptible de répondre à une réquisition. Il ne révèle pas à lui seul l'identité du détenteur et ne permet aucune récupération directe.

Que faire si l'argent est parti à l'étranger ?

Cela complique la procédure mais ne la ferme pas. Le dépôt de plainte en Suisse reste la première étape : l'entraide judiciaire internationale existe précisément pour ces situations, et une documentation précise du circuit facilite la demande. Plus le bénéficiaire final est un service régulé, plus une demande officielle a de chances d'aboutir.

Une assurance protection juridique peut-elle intervenir ?

Souvent oui, selon les conditions de votre contrat, notamment pour la prise en charge de frais d'avocat dans un litige ou une procédure pénale. Déclarez le sinistre rapidement, car les contrats comportent des délais d'annonce. Un dossier chronologique et documenté accélère nettement l'examen de votre demande par l'assureur.

Éviter une seconde arnaque

Qu'est-ce qu'une arnaque à la récupération de fonds ?

C'est une fraude qui vise spécifiquement les personnes déjà victimes : un prétendu spécialiste, avocat ou « agence de recouvrement » vous contacte, affirme pouvoir récupérer vos fonds et demande un paiement initial. Les listes de victimes circulent entre fraudeurs, ce qui explique ces sollicitations qui semblent tomber au bon moment. La règle la plus utile est simple : ne jamais donner suite à un démarchage non sollicité qui promet une récupération.

Comment vérifier qu'un prestataire est sérieux ?

Vérifiez une adresse réelle, une identité éditoriale nommée, des conditions écrites et une description honnête des limites de la prestation. Un prestataire sérieux annonce ce qu'il ne peut pas faire, ne garantit ni identification ni récupération, et ne vous contacte pas de lui-même après une arnaque. Méfiez-vous des promesses de résultat, des paiements en cryptomonnaie et de l'urgence entretenue.

Faut-il payer une « taxe » pour débloquer des fonds ?

Non. Aucune autorité, banque ou plateforme légitime ne réclame une taxe, une caution ou des frais de douane à verser en urgence pour libérer des fonds bloqués. Ce scénario est le marqueur le plus constant de la fraude secondaire. Chaque paiement de ce type en appelle un autre et n'aboutit jamais à une restitution.

Pourquoi me recontacte-t-on après une première arnaque ?

Parce que vous figurez désormais sur une liste : les coordonnées des victimes sont revendues ou réutilisées par les mêmes réseaux, qui savent qu'une personne ayant déjà payé est plus susceptible de payer à nouveau. Un contact spontané qui mentionne précisément votre dossier n'est pas une preuve de légitimité, mais souvent l'inverse. Signalez ces sollicitations et ne répondez pas.

Votre situation n'est pas dans cette liste ?

Décrivez-nous les faits : nous vous disons franchement ce qui est exploitable, ce qui ne l'est pas, et ce qu'une enquête pourrait établir. Étude de faisabilité confidentielle avant tout engagement.

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Équipe spécialisée en OSINT et investigation numérique à Genève. Responsabilité éditoriale : Danilson Ramos. Aucun résultat d'enquête ou de récupération n'est garanti.

Sources officielles

Ces réponses ont une vocation informative et ne constituent pas un conseil juridique individualisé. Pour toute décision, consultez un professionnel qualifié au regard de votre situation.