Le vocabulaire d'un dossier d'arnaque en ligne
Les mêmes mots reviennent dans chaque dossier — au téléphone avec la banque, au guichet de la police, dans un rapport d'enquête. Voici ce qu'ils veulent dire exactement, et ce qu'ils ne veulent pas dire.
Le glossaire en bref
Ce glossaire définit 24 termes utilisés dans les dossiers d'escroquerie en ligne en Suisse, répartis en trois familles : les modes opératoires, les traces numériques et financières, puis le cadre légal et les démarches.
- Portée
- 24 termes de l'arnaque en ligne, de l'OSINT, de la crypto et du droit suisse.
- Public
- Victimes, proches, avocats et journalistes qui doivent lire un dossier d'enquête.
- Registre
- Définitions neutres, sans jargon inutile, avec les limites de chaque notion.
- Mise à jour
- Revu le 20 août 2026 par le responsable éditorial de ScamHunter.ch.
Sur cette page
Types d'arnaques en ligne
- Arnaque à l'investissementInvestment scam / arnaque aux placements
- Escroquerie où une plateforme ou un « conseiller » promet des rendements élevés et peu risqués. Les premiers retraits sont parfois honorés pour installer la confiance, puis le compte se bloque, de nouveaux « frais » sont réclamés et l'interlocuteur disparaît. En Suisse, la FINMA publie une liste d'avertissement recensant des acteurs non autorisés.
- Arnaque sentimentaleRomance scam
- Relation affective construite en ligne dans le seul but d'obtenir de l'argent. L'escroc investit des semaines ou des mois de conversation avant d'invoquer une urgence médicale, un blocage douanier ou une opportunité d'investissement. Les photos utilisées sont presque toujours volées à un tiers.
- Pig butcheringShā zhū pán · arnaque d'engraissement
- Variante industrialisée combinant arnaque sentimentale et arnaque à l'investissement : la victime est « engraissée » par une relation de confiance, puis orientée vers une fausse plateforme de trading crypto. Ces opérations sont souvent conduites depuis des centres de fraude organisés en Asie du Sud-Est.
- Faux site de tradingFausse plateforme d'investissement
- Site imitant un courtier légitime, affichant un tableau de bord et des gains fictifs entièrement contrôlés par l'escroc. Les fonds déposés ne sont jamais investis. Le blocage des retraits, assorti de demandes de « taxes » ou de « frais de déblocage », est le signal le plus fiable.
- HameçonnagePhishing
- Message imitant une banque, une administration ou un service connu pour obtenir des identifiants, un code de confirmation ou un paiement. Aucun établissement légitime ne demande un mot de passe complet, un code à usage unique ou une phrase de récupération.
- Usurpation d'identitéSpoofing · faux conseiller
- Technique consistant à se faire passer pour une banque, une autorité ou une personne connue, souvent en falsifiant le numéro appelant ou l'adresse d'expédition. Un numéro affiché ne prouve donc jamais l'identité réelle de l'interlocuteur.
- Fraude au présidentBEC · Business Email Compromise
- Fraude visant les entreprises : un email imitant un dirigeant ou un fournisseur ordonne un virement urgent et confidentiel, souvent vers un nouvel IBAN. La vérification par un canal indépendant, connu à l'avance, reste la parade la plus efficace.
- SextorsionChantage à la webcam
- Chantage fondé sur des images intimes, réelles ou prétendues, avec menace de diffusion à l'entourage. Payer n'arrête pratiquement jamais la demande. Les captures, identifiants et traces de paiement doivent être conservés pour le signalement.
- Arnaque à la récupération de fondsRecovery scam · seconde arnaque
- Seconde escroquerie ciblant des victimes déjà escroquées. Un « récupérateur » garantit le remboursement et exige des frais payables à l'avance, souvent en cryptomonnaie. Une garantie de résultat ou un paiement anticipé obligatoire sont des signaux d'alerte constants.
Traces numériques et crypto
- OSINTRenseignement en sources ouvertes
- Collecte et recoupement d'informations légalement accessibles au public : profils, annonces, registres, domaines, images et données blockchain. L'OSINT documente des éléments vérifiables ; il n'autorise aucun accès à un compte ou à un système privé.
- TXIDHash de transaction
- Identifiant unique d'une transaction inscrite sur une blockchain. Il permet à quiconque de retrouver le montant, l'horodatage et les adresses d'origine et de destination sur un explorateur public. C'est la pièce la plus utile dans un dossier d'arnaque crypto.
- Adresse de portefeuilleWallet address
- Chaîne de caractères désignant une destination sur une blockchain. Publique par nature, elle peut être consultée et suivie par tous. Elle ne doit jamais être confondue avec la clé privée ou la phrase de récupération, qui ne se communiquent à personne.
- Traçage blockchainAnalyse de flux on-chain
- Suivi des transactions publiques d'une adresse vers les suivantes, jusqu'à un point de sortie identifiable comme une plateforme régulée. Le traçage établit un chemin ; il ne restitue pas les fonds et ne révèle pas à lui seul une identité civile.
- MixeurMixer · tumbler
- Service qui mélange des fonds de multiples origines pour rompre la lisibilité des flux. Son usage complique le traçage sans le rendre systématiquement impossible, et constitue en soi un indice d'intention de dissimulation.
- Mule financièreMoney mule
- Personne dont le compte bancaire ou le portefeuille sert à recevoir puis à réexpédier des fonds frauduleux. Certaines sont complices, d'autres recrutées sous couvert d'un faux emploi — et engagent malgré tout leur responsabilité.
- WHOISRegistre de noms de domaine
- Base publique renseignant la date de création, le bureau d'enregistrement et parfois le contact d'un nom de domaine. Un domaine créé quelques jours ou semaines avant une sollicitation d'investissement est un signal d'alerte courant.
- Certificate TransparencyJournaux de certificats TLS
- Journaux publics recensant les certificats TLS émis pour un domaine. Ils permettent de dater l'apparition d'un site et de découvrir des sous-domaines ou des sites frères réutilisés par un même acteur.
Cadre suisse et démarches
- Art. 146 CPEscroquerie — Code pénal suisse
- Disposition qui réprime l'escroquerie en droit suisse : astuce, tromperie, erreur de la victime et acte préjudiciable à son patrimoine. C'est la base légale usuelle d'une plainte pénale après une arnaque en ligne.
- FINMAAutorité fédérale de surveillance des marchés financiers
- Autorité suisse de surveillance des banques, assurances et prestataires financiers. Elle publie une liste d'avertissement d'acteurs non autorisés. Elle ne récupère pas de fonds pour le compte des particuliers.
- OFCSOffice fédéral de la cybersécurité · ex-NCSC
- Point de contact fédéral pour signaler un incident ou une escroquerie en ligne en Suisse. Le signalement alimente la connaissance nationale de la menace ; il ne remplace pas une plainte pénale auprès de la police cantonale.
- Plainte pénaleDépôt de plainte
- Acte par lequel la victime saisit les autorités de poursuite, auprès de la police cantonale ou via Suisse ePolice. Certaines infractions se poursuivent sur plainte dans un délai de trois mois : agir sans attendre reste préférable.
- Rappel de fondsRecall · chargeback
- Demande adressée à la banque émettrice pour tenter de récupérer un virement ou un paiement par carte. Sa réussite dépend surtout de la rapidité : les premières 24 à 72 heures sont la fenêtre où un gel reste réaliste.
- Préservation des preuvesChaîne de conservation
- Conservation des éléments dans leur état d'origine — captures horodatées, messages, relevés, URL et identifiants — sans retouche ni suppression. Un dossier documenté distingue toujours les faits établis des hypothèses et de leurs limites.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'OSINT en une phrase ?
L'OSINT est la collecte et le recoupement d'informations légalement accessibles au public — profils, registres, domaines, données blockchain — afin de documenter des faits vérifiables, sans jamais accéder à un compte ou à un système privé.
Quelle est la différence entre tracer des fonds et les récupérer ?
Le traçage suit des transactions publiques jusqu'à un point de sortie identifiable ; il établit un chemin. La récupération, elle, suppose qu'une autorité, une banque ou une plateforme régulée décide de geler puis de restituer des avoirs : ce sont deux étapes distinctes, et la seconde n'est jamais garantie.
Un TXID suffit-il à identifier un escroc ?
Non. Un TXID identifie une transaction et ses adresses, pas une personne. Il devient utile lorsqu'il mène à un service régulé soumis à des obligations d'identification, auprès duquel seule une autorité peut agir.
Pourquoi se méfier d'une société qui garantit la récupération ?
Parce qu'aucun prestataire ne contrôle la décision d'une banque, d'une plateforme ou d'un juge. Une garantie de remboursement assortie de frais payables à l'avance correspond au schéma classique de l'arnaque à la récupération, qui cible les victimes déjà escroquées.
Un terme de votre dossier reste flou ?
Nous examinons les éléments dont vous disposez et vous disons, sans promesse, ce qu'une enquête peut et ne peut pas établir.
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Sources officielles
Ces définitions ont une vocation informative et ne constituent pas un conseil juridique individualisé. Pour toute décision, consultez un professionnel qualifié au regard de votre situation.